Commémorons la mémoire de la traite et les abolitions de l'esclavage

Commémorons la mémoire de la traite et les abolitions de l'esclavage

À l’occasion du 25e anniversaire de la loi Taubira,
reconnaissant la traite négrière et l’esclavage
comme un crime contre l’humanité,
présentation de très courts métrages réalisés par des  
élèves du lycée,

suite à un travail réalisé au long de l’année scolaire
« Déplier la mémoire » avec la réalisatrice Myleine Guiard- Schmid,
suivie d’un échange avec ces élèves.

 


La soirée se poursuivra avec la projection de 4 courts–métrages :

  • BLACK CODE/CODE NOIR de Louis Henderson (21 minutes)

Black Code/Code Noir rassemble des géographies et des temporalités disparates dans une approche critique de deux événements récents : les meurtres respectifs de Michael Brown et Kajieme Powell par des officiers de police dans le Missouri, aux États-Unis, en 2014. Empruntant une perspective archéologique pour étudier ces meurtres, le film s'intéresse au matériel audiovisuel disponible et trace une route à travers l'Histoire pour saisir les origines complexes de ces tragédies. Arguant que derrière ce présent se cache une histoire sédimentée de l'esclavage conservée par les lois du Black Code écrites pour les colonies dans l'Amérique du XVIIe, le film suppose que ces codes se sont transformés en algorithmes qui guident les analyses des banques de données de la police et président aujourd'hui au contrôle nécropolitique des afro-américains.

 

BANDE-ANNONCE

 

  • LANMÈ d'Allyson Félicité, réalisateur.rice présent.e (2024 - 31 minutes)

Un jour, j’ai perdu ma mère. Petit à petit, je trace le chemin de nos retrouvailles.

 

 

 

  • LA RIVIÈRE TANIER de June Balthazard (2017 - 17'30)

Dans le film La rivière Tanier, la réalisatrice fait le portrait de sa grand-mère Marie Lourdes, une femme créole atteinte de la maladie d’Alzheimer. Avec un procédé proche de la gravure, ce film d’animation emprunte à l’archéologue le geste qui consiste à creuser, pour révéler à travers les souvenirs enfouis, une identité créole.

​La rivière Tanier s’ouvre sur un fait historique. Pendant la Traite au Bénin, les esclavagistes faisaient tourner les personnes qu’ils avaient enlevées autour du totem de l’arbre de l’oubli. Au bout d’un certain nombre de tours, ces personnes étaient censés avoir perdu la mémoire. L'histoire de Marie Lourdes résonne avec ce grand arrachement originel et ses répercussions sur une identité créole, par essence mouvante. L’animation est creusée dans une matière sèche, qui est irriguée par le flux des témoignages qui bruisse comme l'eau de la rivière.

 

 

          

          

 

BANDE-ANNONCE

 

  • LE ROI N'EST PAS MON COUSIN d'Annabelle Aventurin (2022 - 30 minutes)

Rassemblant des entrevues poignantes, des extraits de textes et des images symboliques, Le Roi n’est pas mon cousin est un essai documentaire familial centré sur la résilience, l’histoire et le sacrifice. La cinéaste Annabelle Aventurin fait la chronique de l’expérience de sa grand-mère en Guadeloupe, un parcours de résilience et de sacrifice à travers l’Atlantique. Le duo revisite des anecdotes et des expériences historiques, tout en explorant la portée de l’identité caribéenne sur l’impact colonial. Des passages de Karukera ensoleillée, Guadeloupe échouée, un livre écrit en 1980 par la grand-mère d’Aventurin, mettent en évidence la dure réalité et les répercussions pénibles de l’esclavage. La narration à la première personne, à la fois affectueuse et douloureuse, crée une composition authentique de sons et d’images en mouvement.


Annabelle Aventurin est archiviste audiovisuelle et programmatrice de films. En 2022, elle produit son premier essai documentaire, Le Roi n’est pas mon cousin (30′), programmé dans une cinquantaine de festivals.

"Le Roi n'est pas mon cousin". Une expression pour dire que l'on est si heureux, que même un roi ne serait pas digne d'être notre parent.

Elzéa Foule Aventurin a 89 ans. Elle est facétieuse, philosophe et c'est aussi l'autrice de Karukera ensoleillée, Guadeloupe échouée. Face à la caméra de sa petite-fille Annabelle, elle se livre par bribes.
Ensemble, elles naviguent d'un bout à l'autre de l'Atlantique noir, du Sénégal à la Guadeloupe. Ce film est un dialogue tendre et puissant pour briser les silences de l'histoire coloniale et affirmer, avec fierté, que l'on est quelqu'un.


Soixante-trois années séparent les deux femmes d’un côté et de l’autre de la caméra. Elzéa, facétieusement et du haut de ses 89 ans, déclare ne pas savoir qui elle est, étant encore en pleine enfance. Le Roi n’est pas mon cousin consigne, à travers le regard d’une jeune femme issue de la diaspora antillaise, les traces d’une terre – la Guadeloupe –, d’une maison, et de la vie de sa grand-mère qui se livre par bribes. Le film se fonde sur un dialogue permanent – mouvement dialectique entre les deux femmes, entre le passé et le présent, entre les pages de Karukera ensoleillée, Guadeloupe échouée, écrites par l’une et les images tournées par l’autre. Au cœur du récit individuel, du portrait réalisé avec tendresse, à partir d’une vie vécue d’un côté et de l’autre de l’Atlantique – de la Guadeloupe au Sénégal, en passant par la Guinée – se dessine aussi une histoire marquée par l’esclavage et la colonisation, celle de gens à qui « l’on avait fourré dans la tête qu’[ils] n’étaient rien ».

Chloé Vurpillot
Chargée de diffusion pour Ardèche Image